Paroles d'enseignants
« Pouvoir grandir en étant respectée, et avoir l'occasion de me rencontrer moi-même. »
Lise HOFFMANN
Professeure de classe à l’École des Sorgues · ancienne élève Steiner-Waldorf
Ancienne élève de la pédagogie Steiner-Waldorf, elle a d’abord travaillé dans la mode avant de devenir professeure de classe à l’École des Sorgues, où elle enseigne depuis quinze ans. Dans cette interview vidéo réalisée par l’ANPAPS, elle revient sur ce que cette pédagogie lui a apporté, sur son métier auprès des jeunes collégiens… et sur la naissance du voyage social de l’école.
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Interview réalisée par l’ANPAPS, propriétaire de la vidéo. Transcription légèrement adaptée pour la lecture.
Son parcours en bref
Enfance
Élève Steiner-Waldorf
Des amitiés d’école toujours vivantes
Études
Stylisme et modélisme
Puis plusieurs années dans la mode
Un tournant
Un projet en Inde
Avec d’anciens élèves, à l’autre bout du monde
Depuis 15 ans
Professeure de classe
Formée à la pédagogie Waldorf à Sorgues
Quel a été, selon vous, le principal apport de la pédagogie Steiner-Waldorf ?
Ce que cette pédagogie m’a apporté, c’est de pouvoir grandir en étant respectée, et d’avoir eu l’occasion de me rencontrer moi-même. Je suis encore en lien avec mes anciens camarades d’école : on voit combien nous avons tous été nourris par certaines choses, peut-être par un respect profond de l’individu.
C’est ce que je vis encore aujourd’hui, à la fois en tant que parent et en tant que professeure : le sentiment que l’on fait des choses justes.
Un mot sur votre parcours professionnel ?
J’ai fait des études de stylisme et de modélisme, et j’ai travaillé dans la mode un certain temps. C’est amusant, parce qu’à travers ce métier, je me suis retrouvée à travailler avec d’anciens élèves en Inde, à l’autre bout du monde !
À la suite de ce projet, j’ai voulu changer de parcours : j’avais envie de retrouver mes valeurs de vie. C’est ce qui m’a conduite à commencer la formation de professeur Waldorf, ici à Sorgues. Et j’y suis toujours, quinze ans après.
Qu'est-ce qui vous plaît dans votre métier de professeure de classe ?
Ce qui me plaît, c’est le contact avec les enfants, et avec les préados en particulier. Même si c’est difficile de les accompagner dans ce moment de vie, les retours que l’on reçoit ensuite, les remerciements, la gratitude… c’est tellement fort.
Comment est née l'idée du voyage « social » de l'École des Sorgues ?
Si ma mémoire est bonne, ce voyage social a démarré il y a une quinzaine d’années, justement grâce à un lien avec l’Inde. C’est moi qui ai accueilli là-bas la toute première 11e classe, avec un autre ancien élève. Les élèves sont arrivés à Pondichéry pour aider dans plusieurs lieux et visiter une école à Hyderabad.
Le projet a ensuite évolué vers le soutien à des populations plus au nord de l’Inde, pendant quelques années. Puis la destination a changé, mais l’idée est restée la même : aller aider, offrir ses services en tant que classe, en tant que groupe, et aller à la rencontre d’autres personnes.
Comment décririez-vous les jeunes collégiens ?
Le début du collège, en 6e classe, est un moment charnière entre l’enfance et la préadolescence. Il y a encore une grande insouciance, une envie de jouer très présente : la classe est très vivante. Puis, au fil de l’année, on sent que des choses changent. Le corps change beaucoup, et toute la vie intérieure évolue avec lui ; c’est très déstabilisant, et tout le monde émotionnel se met en mouvement.
À ce moment-là, les élèves ont peut-être plus besoin qu’à aucun autre d’être accompagnés de près par un adulte référent, qui va pouvoir les guider, les réorienter, les ramener sur ce fil conducteur, avec énormément de bienveillance et de tact. Je trouve que c’est un âge qui demande beaucoup de tact.
“
Libre de penser, libre d'agir et libre de ressentir.
Pensée, sentiment, volonté : un éclairage sur les trois pôles ?
Les trois pôles représentent tout un ensemble de choses, qui partent d’un premier principe : l’équilibre entre la pensée, le ressentir et la volonté, les trois pôles principaux du développement de l’être humain.
On retrouve ces caractéristiques dans de nombreux domaines, jusque dans le corps humain : la boîte crânienne, un espace clos qui protège, renferme le pôle de la pensée ; la cage thoracique, avec la respiration, est celui du ressentir ; et les membres sont là pour la volonté, pour agir. C’est un exemple que je peux enseigner en biologie à mes élèves de classes moyennes. Mais ces trois pôles se retrouvent dans tous les domaines de la vie.
Quand on a la chance de se développer de manière équilibrée dans ces trois pôles, je pense qu’on en ressort plus fort : libre de penser, libre d’agir et libre de ressentir. Fier.
Et si c'était au tour de votre enfant ?
De la maternelle au lycée, une école où il fait bon grandir. Venez nous rencontrer et découvrir la pédagogie Steiner-Waldorf.
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