Lise Hoffmann nous offre un portrait humainement riche , tout comme les pédagogues des portraits précédents. Nous commençons en ce mercredi matin par parler des enfants qui, ce matin, ont déserté la classe pour aller en cours de sport.

« Quand je regarde attentivement un enfant, je vois un être en devenir ». Lise évoque ses réflexions quant à ces petits êtres qu’elle accompagne au quotidien, nos enfants, et dit à quel point il est important souvent de s’arrêter et de se demander « qui se cache là, derrière cette petite personne ? » C’est essentiel et c’est une question qui l’aide parfois à surmonter la relation qui peut être difficile avec un enfant en comprenant davantage ce qu’il se passe au dedans de lui.

Quand elle regarde attentivement un enfant, elle y perçoit la joie, la légèreté, le dynamisme, la curiosité et l’enthousiasme dans cette énergie bouillonnante qu’est celle de l’enfance.

Lise Hoffmann est professeure de 6ème classe à l’école. Pour elle, l’école évoque la Vie, la rencontre, la curiosité, son quotidien, la joie et aussi la difficulté. Et parce qu’on a tous et toutes une image particulière et personnelle de l’école, nous avons joué à y associer des sensations qui donnent bien plus à voir qu’il n’y paraît.

Si l’école était un son, elle serait des cris joyeux

Si l ‘école était un goût, elle serait sucrée

Si l’école était une action, ce serait celle de jouer

Si l’école était une texture, elle serait douce et piquante à la fois, lisse, dure et moelleuse aussi.

Si l’école était colorée, elle serait jaune couleur du soleil

Si l’école devait tenir en un objet, elle serait illustrée par des crayons de couleur.

Tout de suite, nous y sommes, dans son école !

Et justement, dans cette école, le sens de son métier revêt une dimension importante, celui de la transmission. Transmission des savoirs, des savoirs-être et de savoirs-faire. C’est dans ce rôle là qu’elle se reconnaît pleinement, en lien aussi avec le côté « guide » : guide par rapport au chemin de la vie, aux expériences et aux questions que les jeunes peuvent se poser. Lise a alors envie de leur dire « Osez être qui vous êtes et sentir qui vous voudriez devenir ».

Cet aspect de l’humain doit retenir toute l’attention dans le monde éducatif semble t’elle nous dire et Lise, quand elle le pourra, aimerait s’impliquer dans le domaine de l’aide et du soutien aux femmes, plus particulièrement les femmes en difficultés, comme les femmes réfugiées ou les femmes vivant dans une grande précarité. Effrayée dans ce monde par la bêtise humaine, elle y fait face de deux manières : « en me mettant des oeillères sur certains aspects parce qu’on ne peut pas tout, et surtout en ajoutant ma petite goutte d’eau dans ce grand tout », sa petite goutte de colibri.

 

Derrière cette professeure douce, calme et ferme quand il faut l’être, il y a cette enfant très timide qu’elle a été et qu’elle nous avoue être encore un peu : « au fond de moi, dans un tout petit coin, cette timidité persiste alors que beaucoup de gens disent de moi que je suis une personne qui a l’air toujours sûre d’elle ». Et derrière la professeure, il y a Lise, tout simplement. Lise qui a sur sa table de chevet le roman de Dan Brown « Le secret des secrets », enquête sur fond historique qui parle quelque part de la recherche en noétique avec la conscience humaine en arrière plan. Lise qui côté musique se trouve dans la tendance Rock. Lise pour qui détente rime avec un bon thé et un bon livre, au soleil sur la terrasse ou bien devant le poêle selon la météo.

Ce qui met en joie cette maman de deux filles, ce sont les départs en vacances ! « C’est à la fois excitant et joyeux quelle que soit la destination ». Ce « ça y est, on part !! », ce sentiment du départ une fois passé le petit stress de la préparation que nous connaissons tous. « C’est un sentiment que je garde depuis l’enfance, très fort d’autant plus que nous étions sept, nous les cinq filles avec nos deux parents. Ce départ en vacances est toujours resté une excitation partagée ! »

Ce que l’on ne sait pas forcément de Mme Hoffmann, c’est qu’elle a eu un autre métier. Au sortir du secondaire, Lise a étudié le stylisme et le modélisme pour ensuite travailler dans le milieu de la mode durant sept années. « J’ai toujours cousu, depuis toute petite. » Ce sont cinq robes de soirées que Lise avait conçues pour ses travaux de fin de cycle en 12ème classe (elle a été scolarisée en école Steiner).

Elle a travaillé et vécu pendant cinq ans entre l’Inde et la France. L’histoire de ce projet quand même peu ordinaire se déroule au moment du Tsunami, en 2004. Sur la côte de l’Océan Indien, les pêcheurs avaient tout perdu. De ce constat, un projet très humain va naître : créer un atelier de couture pour les femmes afin qu’elle aient une petite source de revenus. Ce projet prend forme grâce à Lise qui dessine les modèles, des vêtements sont créés et l’ouverture d’un premier magasin à Pondichéry vient concrétiser ce projet équitable et humain.

 « L’atelier de confection en Inde devient petit à petit autonome et nous mettons tout en œuvre avec eux pour conserver des conditions de travail autour de valeurs éthiques et une production à base de coton bio. En France, nous développons notre marque, Kolam ». Kolam est un mot utilisé pour dire Mandala en Tamoul. Suit l’ouverture d’une petite boutique à Paris dans le 14ème arrondissement.

« Pendant cinq ans, j’ai vécu quelques mois en France et quelques mois en Inde. À chaque début de saison, nous portions notre travail sur la création de prototypes, puis je rentrais pour faire le tour des salons. Nous revendions nos vêtements dans une trentaine de boutiques qui s’alignaient sur nos valeurs éthiques et écologiques. » Cette période se passe entre ses 23 et 28/29 ans. Si l’aventure est belle, cela laisse peu de place à la stabilité, et Lise se sent « entre deux » en permanence. L’arrivée du coton bio dans la grande distribution a de grosses répercussions sur l’activité de la marque Kolam et sur Lise et son équipe. On peut même parler d’une grosse pression qui commence à poindre. « Quand notre société a commencé à perdre en qualité éthique, j’ai décidé de revendre mes parts ». Ainsi la boite a continué, sans Lise qui, à ce moment là, ressent le besoin de renouer avec des valeurs globales de vie et de la stabilité. « Par rapport à mes savoirs-faire, j’ai entamé une formation Steiner pour être professeure de travaux manuels. En cours de formation, c’est finalement un poste de professeure qui s’offre à moi, dans les classes moyennes ».

 

Pleine et riche de ce projet, de ces voyages et de cette aventure personnelle et professionnelle, Lise garde la couture chère à son cœur. « Elle m’habite toujours ! ».

En attendant, nous, parents, sommes plus que ravis de son art à exercer comme professeure de classe ! Merci Madame Hoffmann.

Le portrait ci-dessus a été réalisé par et grâce à la générosité de Mme Cécile Costa.
 
Cécile Costa / Âme Plume
Biographe familiale & Biographe hospitalière 
Animatrice d’ateliers d’écriture sur le récit de soi

JOURNÉE PORTES OUVERTES

Venez découvrir notre école lors de la prochaine Journée Portes Ouvertes 

📅 Samedi 21 mars 2026 de 10h à 18h

📍 École des Sorgues – 300 chemin de la traille 84700 Sorgues

 

Au programme :

✅ Visite de l’école : des classes et des ateliers

✅ Rencontres avec les professeurs

✅ Conférence

✅ Ateliers adultes et enfants

✅ Exposition pédagogique

✅ Restauration sur place

 

Notre pédagogie allie créativité, respect du rythme de l’enfant et apprentissage par l’art et le mouvement.

Venez nombreux !

 

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